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"Savoir consiste à rapporter du langage à du langage. A restituer la grande plaine uniforme des mots et des choses. A tout faire parler. C’est-à-dire à faire naître au-dessus de toutes les marques le discours second du commentaire. Le propre du savoir n’est ni de voir ni de démontrer, mais d’interpréter. Commentaire de l’Écriture, commentaire des Anciens, commentaire ce qu’ont rapporté les voyageurs, commentaire des légendes et des fables : on ne demande pas à chacun de ces discours qu’on interprète son droit à énoncer une vérité ; on ne requiert de lui que la possibilité de parler sur lui. Le langage a en lui-même son principe intérieur de prolifération." Approbation d’Oriane (feutre bleu nuit) : idée séduisante que ce langage proliférant où la littérature comme une génération infinie, son but n’étant pas de dire des choses — puisque ces choses ont déjà toujours été dites — mais de faire en sorte de ne jamais se taire. La littérature est du langage qui refuse de s’arrêter et qui sait, en choisissant la fiction, qu’il ne contient aucune vérité mais une série infinie d’approximations qui enrobent le monde dans du langage, qui humanise le monde en l’enrobant — comme l’araignée fait de sa proie avec sa toile — de langage.
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